FTDES : Souffrances sans fin des réfugiés et demandeurs d’asile en Tunisie

 

Le réfugié soudanais, Saber Adam Mohamed (26 ans), est décédé des suites d’un accident de travail dans une usine de plastique dans la région de Mégrine. Le défunt est arrivé en Tunisie depuis 2019 en quête de sécurité et a obtenu le statut de réfugié, espérant que cela lui accorderait une certaine protection. Mais face à des services médiocres, il a été contraint de travailler d’une manière qui ne préservait pas ses droits et dans des conditions qui ne garantissaient pas sa sécurité.
Le demandeur d’asile soudanais Ibrahim Ishaq est également décédé des suites d’une crise sanitaire. Le défunt est arrivé en Tunisie à la suite des événements libyens en 2011, et sa demande d’asile a été rejetée, et il a été contraint de rester dans des conditions difficiles et sans services minimaux dans le camp de Choucha jusqu’à ce qu’il soit expulsé de force en 2017, lorsqu’il a été transféré avec ses amis à la Maison des Jeunes de La Marsa, où ils sont partis après que tout le monde les ait abandonnés. Le défunt souffrait de maladies nécessitant un suivi médical.
Récemment, les gouvernorats de Sfax et de Médenine ont été témoins de protestations de certains réfugiés et demandeurs d’asile en raison du manque de services fournis dans une conjoncture économique et sociale difficile suite aux répercussions de la pandémie de Covid-19. La situation politique, économique et sociale en Tunisie et le manque de services poussent de nombreux réfugiés et demandeurs d’asile à être la proie des réseaux de trafic de migrants et des drames de la migration irrégulière.
Le Forum Tunisien des Droits Economiques et Sociaux :
*rappelle à l’Etat tunisien qu’il a ratifié la Convention de 1951 sur les réfugiés et la législation protégeant les droits des réfugiés, avec les obligations que cela impose à leur égard.
*Souligne qu’encourager l’autosuffisance des réfugiés et des demandeurs d’asile par l’accès aux moyens de subsistance et aux services de base ne signifie pas encourager leur emploi dans des conditions qui ne préservent pas leurs droits, leur dignité et leur sécurité.
*Exige de l’État et des organisations concernées par la protection des réfugiés et des demandeurs d’asile qu’ils fournissent des moyens de subsistance adéquats à tous les réfugiés et demandeurs de protection internationale.
*Renouvelle sa demande au Haut Commissariat des Nations Unies pour les réfugiés et aux organisations humanitaires d’assumer leurs responsabilités dans la recherche de solutions durables et radicales à la situation des demandeurs d’asile qui ont été expulsés de l’ancien camp de Choucha et qui ont été abandonnés par ces organisations il y a de nombreuses années.
*Souligne la nécessité d’actualiser et de développer le système juridique relatif à la migration et à l’asile pour qu’il réponde aux normes internationales et la priorité de lancer une stratégie nationale de migration qui garantit l’intégration et la protection des droits.
Le Forum tunisien des droits économiques et sociaux
Le Président : Abderrahmane El Hédhili          
Jeudi 12 août 2021

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