Caravane de la décentralisation : c’est parti

 
L’Instance de Prospective et d’Accompagnement du Processus de Décentralisation (IPAPD) a lancé une caravane de sensibilisation des citoyen.ne.s à la décentralisation.
Quatre stands se déplacent depuis le 2 octobre et jusqu’au 24 dans les souks de 70 communes de la République, à la rencontre de la population. Cette caravane bénéficie d’une large couverture des radios locales qui l’accompagnent lors de ses passages dans chaque région. 
Dans ce même cadre, la page Facebook de l’IPAPD en donne des échos réguliers et compte mettre en ligne au cours des deux prochaines semaines, six capsules vidéo dans lesquelles le slameur Hatem Karoui explique en quoi la décentralisation touche directement la vie quotidienne des Tunisien.ne.s. (https://www.facebook.com/IPAPD.Tn/ )
Composées notamment d’animateurs/trices et de médiateurs/trices de l’association El Bawsala, les équipes organisent un jeu concours sur le thème de la décentralisation, tout en respectant le protocole sanitaire, à travers la distribution de masques. En outre, la caravane offre la possibilité à 20.000 participants de gagner des lots en répondant à des Questions à Choix Multiples sur le sujet.
Pour en savoir davantage nous avons profité du passage de la caravane du Nord-Ouest par la ville de Béja le mardi 5 octobre, laquelle avait également fait étape à Fernana (dimanche 3 octobre) et Gaafour (lundi 4 octobre), avant de se rendre à Bargou (mercredi 6 octobre) puis Teboursouk (jeudi 7 octobre).
Sirine Zoghbi, animatrice de l’association El Bawsala, nous explique ainsi : « Nous essayons d’expliquer, en termes simples, aux citoyen.ne.s en quoi consiste la décentralisation et les avantages qu’elle peut leur procurer concrètement. Globalement, les gens se sont montrés très intéressés et ont cherché régulièrement à mieux comprendre les détails. Même les personnes qui étaient déjà informées du programme de décentralisation, sont venues vers nous pour chercher de plus amples informations avec des questions pertinentes à l’appui. »
Pour Samira Kenani, représentante de l’association El Bawsala, si : « La décentralisation est un concept nouveau en Tunisie qui, de prime abord suscite de nombreuses incompréhensions. Le concept devient beaucoup mieux perçu par les citoyen.ne.s quand on leur permet de l’appréhender de plus près à travers une explication simple et des clarifications sur ses attributions de chacun : la population, les élu.e.s et l’administration. D’ailleurs, j’ai remarqué que les gens faisaient preuve d’un grand intérêt pour la façon dont ils/elles peuvent participer à la gestion de leur commune qui a des responsabilités et compétences les touchant dans leur vie quotidienne. C’est vraiment plaisant de voir autant de femmes, d’hommes, de jeunes et de moins jeunes concernés par la vie locale. »

Initiative judicieuse et instructive
Une impression de satisfaction également affichée par les citoyen.ne.s, à l’instar de Ahmed Ben Hsouna : « Je n’avais jamais entendu parler de décentralisation et n’y connaissais donc absolument rien. Grâce au jeu et aux échanges avec les membres de la caravane, j’ai énormément appris, désormais j’ai les idées plus claires sur la relation du/ de la citoyen.ne.s avec ses représentants municipaux, les élections, les tribunaux et bien d’autres détails importants dans la vie quotidienne. Personnellement, cela va me permettre d’envisager les choses autrement dans les choix électoraux, et dans la possibilité de proposer des idées et de contribuer à la vie de ma région. C’est vraiment un honneur pour tout un chacun de savoir qu’il peut être partie prenante dans la société. »
De son côté, Mohamed Ben Aich trouve que l’idée d’organiser une caravane de sensibilisation est « une excellente initiative, surtout qu’elle rend visite à Béja un jour de marché, pour la vulgarisation de la décentralisation. D’autant que cette dernière nécessite un travail de longue haleine. Nous sommes conscients que les débuts sont difficiles, mais nous restons optimistes et gardons espoir de voir la décentralisation devenir réalité. Pour ce faire, la contribution de toutes les parties, à commencer par le/la citoyen.ne lui/elle-même, mais aussi le tissu associatif et la société civile, est essentielle afin de peser sur le destin de chaque région. Les gens ont des aspirations et ne manquent pas d’idées, c’est bien de ne pas être entièrement tributaire de décisions centralisées. Nous avons tou.te.s constaté que le processus de développement était délétère à cause d’une politique centralisée qui n’a provoqué que des catastrophes aussi bien sur le plan économique que social dans les régions. »


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