NATIF DU 25 NOVEMBRE : Augusto Pinochet – militaire, président du Chili (décédé en 2006) – dessiné par Nalair

Augusto Pinochet, né le 25 novembre 1915 à Valparaíso (Chili) et mort le 10 décembre 2006 à Santiago (Chili), est un militaire et homme d’État chilien, président de la République du 17 décembre 1974 au 11 mars 1990.

Commandant en chef de l’armée chilienne le général Pinochet prend la tête du coup d’État du 11 septembre 19731 contre le gouvernement du président socialiste Salvador Allende, élu démocratiquement en 1970. À la suite de ce coup de force, une dictature militaire se met en place : Pinochet dirige le pays pendant 17 ans, d’abord comme président de la junte de gouvernement (1973-1974), ensuite comme président de la République désigné par la junte (1974-1981) puis comme président de la République dans le cadre d’un nouveau régime constitutionnel mis en place à partir du 11 mars 1981.

La dictature d’Augusto Pinochet est marquée par de multiples violations des droits de l’homme (plus de 3 200 morts et disparus, plus de 38 000 torturés, des dizaines de milliers d’arrestations de dissidents), lesquelles ont fait l’objet de trois rapports et de quatre procédures judiciaires dans les années 1990 et 2000, et ont entraîné l’exil de plusieurs centaines de milliers de Chiliens. La présidence de Pinochet est dénoncée dans son ensemble comme une période de dictature militaire, par de nombreux médias et ONG ainsi que par ses opposants. Elle est décrite comme telle par les historiens ; la qualification de dictature est également reprise par le rapport Valech, publié au Chili en 200411. Ses partisans chiliens considèrent au contraire qu’il a « sauvé » le pays en l’empêchant d’adopter le communisme.

Sur le plan économique, son régime est marqué par la libéralisation de l’économie, la liberté des échanges et l’ouverture du pays à la concurrence internationale, réformes inspirées par les « Chicago boys », rompant avec les précédentes politiques économiques interventionnistes. La situation de « stabilité économique » qui aurait été atteinte par le Chili sous le régime de Pinochet est louée par les partisans de ses réformes ; Milton Friedman a lancé à ce sujet l’expression de « miracle chilien ». L’ampleur, voire la réalité, de cette réussite économique donne lieu à de nombreux débats.

Ses années de pouvoir lui permettent de s’enrichir considérablement à la faveur de dizaines de comptes bancaires détenus secrètement à l’étranger et d’une fortune en biens immobiliers. Il sera ultérieurement poursuivi en justice pour des détournements de fonds provenant des privatisations, des fraudes fiscales et pour de possibles commissions prélevées sur des contrats de ventes d’armes.

Augusto Pinochet perd le référendum de 1988 qu’il a organisé pour se maintenir au pouvoir et doit participer à la préparation de la transition vers la démocratie. Après avoir cédé le pouvoir à Patricio Aylwin (nouveau président élu) le 11 mars 1990, il reste commandant en chef de l’armée chilienne jusqu’en 1998, puis devient sénateur à vie, en tant qu’ancien président.

Le 10 octobre 1998, il est arrêté à Londres à la suite d’une plainte internationale déposée en Espagne pour « génocide, terrorisme et tortures ». Il est libéré pour raisons de santé en mars 2000 et peut alors retourner au Chili. Personnalité chilienne qui a suscité l’admiration des uns et la haine des autres, le journaliste argentin Washington Uranga le décrit comme « le symbole tragique d’une époque ». Il meurt avant que les procédures judiciaires engagées contre lui n’aient abouti.

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