Agences onusiennes de protection ou dispositifs de négation des droits

Un groupe de migrants et de réfugiés, assis devant le bureau du HCR à Zarzis depuis le 9 février 2022, a annoncé son intention de transférer sa protestation au siège de l’agence à Tunis ; une annonce aussitôt suivie d’une réponse des forces de sécurité qui s’est traduite par l’arrestation de plus de 18 réfugiés et demandeurs d’asile le jeudi 14 avril dans l’après-midi, puis leur libération le 15 avril, tandis que le reste du groupe, dont des femmes et des enfants, se sont vu refuser le droit de circuler à l’intérieur de la gare terrestre de Zarzis.

La protestation a été initiée après que l’Agence a adopté une politique non déclarée de fermeture des dortoirs et de réduction du nombre de résidents, poussant nombre d’entre eux à partir en échange d’alternatives qui ne répondent pas au minimum des attentes des migrants et des réfugiés « pour l’absence de aide financière ».

Parmi les manifestants, des femmes et des enfants qui sévissent depuis des mois dans des conditions humiliantes, sans aucune réactivité de l’État tunisien, signataire de la Convention sur les réfugiés. L’agence a fourni des réponses irrespectueuses et inhumaines en disant « nous ne sommes pas une agence de voyage ».

L’agence des Nations Unies a annoncé la suspension de ses services aux réfugiés et demandeurs d’asile pour les 18 et 19 avril 2022 en réponse à leur protestation. Les réfugiés et les demandeurs d’asile veulent un environnement propice où leurs droits sont respectés. Quel que soit le bien-fondé de leurs revendications, la politique de fermeture des portes face au calvaire des enfants et des femmes réfugiés et laissés à l’air libre pendant de longues périodes ne permet pas « de faire prendre conscience de la souffrance des réfugiés, de défendre leurs droits, et coordonner les efforts pour les soutenir.

Le Forum Tunisien des Droits Economiques et Sociaux :

  • Appelle l’Etat tunisien à assumer sa responsabilité conformément à la Convention de 1951 sur les réfugiés et à son Protocole de 1967
  • tient le HCR pour responsable de l’aggravation de la crise humanitaire causée par l’absence de dialogue avec les réfugiés et les demandeurs d’asile et aggravée par la politique de fermeture des portes en plus de recourir à des déclarations provocatrices
  • Considère que les performances de l’Agence en Tunisie, et dans le gouvernorat de Médenin en particulier, telles que le manque d’assistance appropriée aux réfugiés et demandeurs d’asile, la lenteur du traitement des dossiers, et d’autres lacunes liées à l’accès aux services de base tels que la santé les soins, l’éducation, le soutien juridique, les moyens de subsistance et le soutien financier, psychologique et social, ont contribué à aggraver la vulnérabilité des réfugiés et des demandeurs d’asile, en particulier des femmes et des enfants.
  • Affirme la nécessité de revoir et de mettre à jour la législation nationale pertinente afin de faciliter l’intégration des réfugiés et des demandeurs d’asile et de jeter les bases d’un cadre juridique pour le refuge parallèlement à une stratégie nationale durable de migration axée sur une approche humanitaire.

Le Forum Tunisien des Droits Economiques et Sociaux (FTDES)

Aberrahmane Hedhili, président

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